Les affaires

écrit par adminAncreDesJeunes, samedi 20 juin 2015


Daphné Mailloux-Rousseau : L’énergie du raccrochage

 

Notre rendez-vous avec Daphné Mailloux-Rousseau devait durer tout au plus 60 minutes, un vendredi après-midi. Il aura finalement duré deux heures et demie !

 

Volubile, énergique et habile communicatrice, la jeune femme dirige l’Ancre des jeunes, un organisme de Verdun fondé en 1991 par les Frères du Sacré-Coeur. À l’époque, l’arrondissement montréalais affichait un décrochage scolaire de 49 %, le plus élevé de la province. Aujourd’hui, ce taux avoisinerait les 30 %.

 

Bien sûr, l’Ancre ne s’attribue pas tout le mérite de ces progrès. Mais son travail d’appui aux jeunes de 9 à 19 ans, depuis bientôt 25 ans, y est certainement pour quelque chose. Sa mission : aider à la persévérance scolaire des plus jeunes et au raccrochage de ceux qui ont tourné le dos à l’école.

 

«Avant de se raccrocher au système scolaire, nos jeunes doivent d’abord se raccrocher à eux-mêmes. Puis, souvent aussi, à la société, explique Daphné Mailloux-Rousseau, une psychoéducatrice de formation. Ce n’est qu’ensuite, une fois que le rêve est parvenu à reprendre le dessus sur la survie, qu’on peut penser au raccrochage scolaire.»

 

Les résultats impressionnent. Plus de 80 % des jeunes de l’Ancre retournent à l’école après leur passage, et 70 % d’entre eux persévèrent toujours un an plus tard. Ces données réjouissent celle qui a été élevée dans l’ouest de l’Île de Montréal, et qui s’est engagée à fond dans le mouvement scout jusqu’à la vingtaine.

 

«C’est une jeune femme absolument extraordinaire. Non seulement elle a de bonnes idées, mais elle sait aussi les réaliser», affirme Michèle Thibodeau-DeGuire, ex-pdg de Centraide du Grand Montréal. «En tant que société, nous avons de la chance que des gens de ce calibre aient la bonté de se réaliser en ayant le souci d’aider les autres.»

 

Depuis l’arrivée de Daphné Mailloux-Rousseau aux commandes en 2011, la clientèle de l’organisme a doublé, le budget a crû de 25 %, la taille du personnel, de 37 %, et les locaux, de quelque 20 %. L’an dernier, le budget de l’Ancre, qui excède les 800 000 dollars, provenait à 78 % de dons et commandites, une rareté dans le milieu communautaire.

 

Dans les prochaines semaines, la directrice supervisera la construction d’une serre sur le toit de la maison de l’Ancre, et poursuivra la rédaction d’une «boîte à outils» destinée à quiconque souhaiterait profiter de l’expérience vécue à Verdun pour implanter un pareil établissement ailleurs. Avec un peu de chance, espère-t-elle, le Québec pourrait compter dans cinq ans sur cinq Ancres des jeunes de plus. Et ce ne serait pas trop.

 

Âge : 34

 

Le livre qui ne quitte jamais votre table de chevet : La vie devant soi, d’Émile Ajar (Romain Gary)

 

Pourquoi ? Je l’offre souvent en cadeau. Il redonne espoir. Il joue avec les personnages, les concepts, les valeurs. J’adore.

 


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